Les impatientes, de Djaili Amadou Amal

 


Prix Goncourt des lycéens pour ce roman polyphonique qui relate, au travers de l’histoire de trois femmes, la cruauté de la polygamie.

Le roman est inspiré de faits réels puisque l'auteure originaire du Cameroun a vécu deux mariages forcés. Lors d’un interview, elle décrit cette période ainsi :

« Mais toi tu crèves lentement, battue, violée, humiliée, car ton mari a tous les droits. J’ai enchaîné les maladies, spasmophilie, hypertension, diabète, une boule perpétuelle au fond de la gorge. Personne ne pouvait me comprendre. »

 

Pitch

Trois femmes vont à tour de rôle raconter chacune leur enfer dans l’univers cruel et codifié du mariage polygame.

 L’approche est très subtile car la douleur des deux parties est étudiée : l’une s’appelle Safira et ne supportera pas d’être supplantée par la jeune, très jeune Ramla. Elle la déteste d’emblée alors que la jeune fille est victime elle aussi de cette sinistre tradition.

La 3e femme est la sœur de Ramla mariée à un cousin alcoolique. Lorsqu’il la bat sa famille n’a qu’un mot à la bouche : « Munyal, munyal… », patience, patience. Cette injonction est répétée tout le long du roman dès qu’une épouse est maltraitée. Comme un leitmotiv pour endormir leur volonté et les rendre dociles et obéissantes face à un époux qui a tous les droits.

L’écriture est efficace, simple et sans fioriture, certains ont pu critiquer la facilité apparente du style. Mais je pense que le plus important dans un roman est de partager les émotions des personnages et le style reste un outil pour y arriver. Et le pari est réussi. Le lecteur est vraiment happé par le récit et lorsqu'on est une femme, il est difficile de ne pas s’identifier à ces malheureuses. 

Émotions garanties…