Dans le jardin de l’ogre

 


Les premières pages du livre s'ouvrent directement sur la souffrance d’Adèle.

« Elle voudrait n’être qu’un objet au milieu d’une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Qu'on lui pince les seins, qu’on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin d'un ogre. »

On entre dans le vif du sujet : celui de l’addiction sexuelle. Qui rejoint les autres formes de dépendance en ce sens qu'elle est insatiable, douloureuse et dérange considérablement le quotidien. Il le bouleverse même. Bien qu’Adèle fasse tout pour le cacher.

Pitch

Adèle est mariée à un gastro-entérologue qu’elle n’aime pas, elle l’a épousé pour avoir une position sociale et car il lui a demandé. Ils ont un fils dont elle s’occupe tant bien que mal, qu’elle glisse entre ses multiples rendez-vous sexuels. Ce qui est triste, c’est que l’auteure donne l’impression qu’elle ne prend même pas de plaisir à ça, elle est même parfois à la limite du sado masochisme, comme si elle essayait de combler un vide en elle par ce moyen, de se remplir de la chair et du désir de ces hommes pour combler son vide existentiel.

Elle n’aime pas ces hommes, elle ne les désire même pas. Elle est l’objet de son propre désir. Et c’est sans fin, car elle n’est jamais rassasiée, jamais comblée, il faut toujours recommencer.

 Jusqu’au jour où le mari découvre la vérité…

J’ai trouvé l’écriture de Leïla Slimani remarquable, d’autant qu’il s’agit là de son premier roman. Elle arrive à faire vivre les pulsions d’Adèle, à leur donner corps, à nous entraîner dans ce qui est un véritable esclavage.

En revanche, j’ai eu plus de mal avec le mari et sa relation « étrange » à sa femme. Sa façon d’aimer est triste. J’ai donc été très surprise par le retournement de situation, à la fin.

Mais chut…

Bonne lecture.