Les Aérostats, Amélie Nothomb

 



Je ne manque jamais de lire le dernier cru d’Amélie, je reconnais que cette année j’ai pris un train de retard, mais une fois à bord, je n’ai pas sauté en route, et j’ai comme d’habitude apprécié le voyage et dégusté chaque moment avec gourmandise.

Les Aérostats sont des ballons gonflés de gaz plus léger que l’air et agrémentés d’une nacelle pour s’envoler. Et c’est la passion du jeune Pie, 16 ans, qu’une étudiante de 19 ans doit guérir de sa dyslexie et lui donner le goût de lecture. À l’heure d’internet, ce n’est pas une mince affaire ! Son père, un riche financier, ne lésine pas sur le salaire. La jeune fille, Ange, s’attache au jeune homme et découvre le caractère antipathique du père et la bêtise crasse de la mère. Elle va se lier à Pie et arriver à lui faire aimer les grands textes, mais la littérature n’est pas toujours à mettre entre toutes les mains et peut parfois échauffer les esprits faibles et rêveurs.

Je ne dirai pas comment se termine l’histoire qui se lit vite et comme toujours c’est très drôle. Un humour grinçant dans la lignée de la Leçon de Ionesco, car il ne faut pas perdre de vue qu’avec Amelie, il ne faut rien prendre au premier degré. C’est sa marque de fabrique et son originalité. Ceux qui attendent une description exacte de la réalité, passez votre chemin, il faut lire des romans psychologiques dans ce cas. Amélie arrive avec de courts romans à nous faire sourire, nous indigner, et nous faire réfléchir, justement grâce à ses personnages outranciers, proches de la caricature où tous les défauts sont bien visibles. Dans cette histoire, si l’on cherche un conseil d’éducation sur le traitement de la dyslexie, c’est sûr que vous en serez pour vos frais, ce livre est fait pour sourire, pour grincer des dents (aïe ! La leçon) ce n’est pas un traité d’éducation, bien qu’il y ait certaines pistes de réflexion intéressantes, mais ce n’est pas sa vocation.  Heureusement d’ailleurs… Je vous laisse découvrir pourquoi en le lisant.    Acheter Les Aérostats