Résine, d'Ane Riel

 


Je ne connaissais pas cette auteure danoise, mais je suis ravie de l’avoir découverte grâce à une masse critique @Babelio et aux Éditons du Seuil qui m’ont proposé de chroniquer cet ouvrage.

Waouh quelle histoire ! Ce livre est une pépite, mais une pépite très noire, alors pour ceux qui aiment ce genre, vous allez adorer ! Âmes sensibles s’abstenir. D’ailleurs, sur la 4e de couverture est indiquée en exergue une comparaison avec Stephen King : il y a clairement des accents de Misery dans ce roman. Un roman très noir qui commence tranquillement et va nous embarquer crescendo dans l'horreur et la folie.

Alors qu’il n’est encore qu’un enfant, Jens Haarder sombre progressivement dans une forme de dépression mélancolique à la mort de son père. Rien de flagrant à ce stade, c’est un taiseux, il vit à la Tête sur une petite île scandinave, avec sa mère et son frère. Un jour arrive Maria, dont il tombe follement amoureux… Une passion qui va se mélanger à sa propre folie en évolution permanente. Petit à petit, il va accumuler tellement d’objets, que sa maison devient parfaitement insalubre, c’est un trouble qui n’est pas nommé dans le roman, mais fait référence au syndrome de Diogène : un trouble psychiatrique où le malade accumule jusqu’à la nausée, parfois des déchets et des détritus. Mais là où le roman va encore plus loin, c’est que ce désir d’accumulation, ce besoin de tout garder, ne s’applique pas seulement aux objets… Et la résine qui a des capacités pour conserver les arbres pourrait bien trouver une utilité dans l’esprit dérangé de Jens. C’est très perturbant, car on a vraiment l’impression de vivre le délire de Jens, de souffrir avec Maria, d’avoir peur avec Liv, sa petite fille qui n’est qu’une marionnette entre ses mains.

Personne ne le soupçonne, car Jens sait faire le vide autour de lui. Jusqu’au jour où la vie réelle reprend ses droits et le roman se termine sur une note à la fois lumineuse et sombre. Une chute magistrale qui vous glacera le sang.

Ce livre est une merveille, une merveille aussi noire qu’une nuit dense et profonde dans laquelle, je l’espère, vous apercevrez une petite lumière tout au bout, qui brille faiblement, mais qui brille tout de même.

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