L'Anomalie, d'Hervé Le Tellier.

 




Quel livre étrange ! Si vous cherchez à vous détendre, ce n’est pas le livre qu’il vous faut. Je vous aurais prévenu. À moins que vous aimiez vous tordre les méninges dans vos moments de distraction. Dans ce cas, ce livre est parfait.

Il y a d’ailleurs un vol Paris New York pris dans les turbulences au centre de l’histoire, eh bien, je peux vous dire que vos méninges vont être sacrément secouées également. La fin m’a également laissée perplexe, mais, cela dit, une citation que je trouve géniale et qui, à mon sens, résume bien l’esprit du livre, exprime à elle seule ma confusion : « Aucun auteur n’écrit le livre du lecteur, aucun lecteur ne lit le livre de l’auteur. Le point final, à la limite, peut leur être commun. » P215.

Cette phrase pose le décor, car à moins d’être mathématicien, j’ai bien peur que vous soyez perdu dans cette histoire de dingue. Non, non, disent certains, moi j’ai tout compris !!!! Petits malins !

 Alors, en route pour le plus inattendu des voyages.

PITCH : L’histoire commence par la présentation des personnages. On pourrait croire qu’ils n’ont pas de liens entre eux si l’on ne remarquait pas que tous, ils ont pris le même Boeing Paris New York, le 10 mars 2021.

Après la présentation. Les turbulences de l’avion. L’engin finit tout de même par atterrir après quelques mois passés dans un trou de verre, enfin un truc très scientifique par rapport à l’espace-temps. Tous les personnages - nous en suivrons onze - vont continuer leur vie. Jusqu’au 24 juin 2021 où un commandant de bord David Markle est aux commandes d’un Boeing Paris New York. Le problème c’est que David est à ce moment même en train de mourir d’un cancer dans un hôpital.

Vous suivez ?

Il ne s’agit pas d’usurpation d’identité, mais de dédoublement. Attention, nous entrons de plain-pied dans la science-fiction. Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler, mais ce roman a tout de même récolté le Goncourt, ce qui signifie que beaucoup de gens vont le lire. Dont moi !!! C’est un roman compliqué, bien écrit, très bien écrit même, les détails sont précis, chirurgicaux même, on a parfois l’impression de lire une encyclopédie. En refermant le livre, je me répète la phrase de l’écrivain du roman mise en abyme dans le livre : « L’Anomalie… C’est du Jankélévitch sous LSD, sourit Victor. Un autre moi… » et plus loin, apprenant qu’il a vendu beaucoup d’exemplaires : « J’aurais dû essayer le LSD plus tôt… ».

Ah, ben, dis donc !!!  Acheter L'Anomalie tout de même, car c'est le Goncourt!!!