OBSCURA de Régis Descott


 

Article paru dans la revue Art&Miss de septembre 2009

 La tentation était trop grande de vous parler d’un art singulier, loin des formes attendues, et plus proche du cauchemar que de l’émerveillement. Un art mortuaire créé par un personnage aux allures de dandy désaxé. Nous entrons dans l’univers sombre et délétère de la fin du XIXe siècle. Un voyage dans le temps, pas si lointain finalement, mais qui transporte votre esprit vers un ailleurs envoûtant dans le sillage parfumé de l’énigmatique Obscura.

 « Levant les yeux sur la vitrine, il tomba sur cette inscription en lettres capitales minutieusement peintes en noir : CAMERA OBSCURA. » (P202.)

Camera obscura signifie, en latin, chambre noire. Et, nous voilà embarqués dans la plus folle et captivante des histoires. Une terrible descente aux enfers pour le pauvre docteur Corbel qui se retrouve au centre d’un projet machiavélique à cause d’une série de hasard ! Le premier hasard n’était pourtant pas complètement indépendant de sa volonté. L’attraction de cette femme autant inexplicable qu’irrésistible l’entraînera dans une aventure sombre où l’âme humaine n’est pas toujours très blanche… L’on est confronté au meilleur de l’Homme comme à ses pires perversions. Alors, attachez vos ceintures et en route pour la plus délirante des inventions artistiques nées de l’esprit tordu d’un homme riche et désœuvré. Un voyage que vous achèverez fiévreux et éblouis, car derrière le thriller palpitant et admirablement construit se cache une matière dense, à la fois sociologique, philosophique et artistique, qui enrichira vos pensées et mettra votre cerveau en ébullition. Un moment rare en perspective, dont il serait dommage de se priver. Alors, bon vent et gare à la surchauffe…

 Obscura de Régis Descott, JC Lattès, 397p, Plus d'infos